- Ouais J.C.
chic and swell
- Bonne "croupe", bon prix, J.C. ! héhéhé !
- En tout cas, si c'est pour aller essayer des cercueils, tu devrais peut-être choisir l'incinération.
- De toute façon t'as jamais eu de goût.
- A quoi tu mesures ça toi ?
- T'as jamais voulu coucher avec moi.
- Ah, c'est vrai que j'ai pas ta classe...
Fait que c'est le grand jour ?
- Ouais madame, ça va être la vente du siècle. Le client, j'va lui passer ça par en arrière, il sentira rien. Quand tu vas l'entendre gémir, c'est que ma vente sera faite.
- Hi, la grande classe...
- Merci.
[transition]
- Jean-Claude, je te cherchais.
- Ah, il est là. Lavé, vidé, rasé,
bobettes propres du lundi, top niveau comme on dit "chevalièrement" par chez nous.
- Ouais mais j'ai quelque chose à te dire Jean-Claude.
- Swing mon homme, fais pas ton
agace pissette.
- C'est pas toi qui vas faire la vente finalement.
- Comment ça ? Y'a tu quelque chose qui a
morpionné avec le client ?
- Jean-Claude, tu es grossier et horriblement vulgaire puis sans la moindre classe, puis ça va en empirant.
- Mais qu'est ce que tu me sors là toi ?
- Le client qui s'en vient, c'est un businessman de niveau nationnal. Un V.I.P.
- Very Immense Pennis ? Comme moi ?
- Very Important Personne, puis ces gens là sont très susceptibles, je veux pas prendre de risque. C'est pas une petite accro de région, il vient de Québec.
Je suis vraiment désolé Jean-Claude, mais c'est ça qu'est ça.
- Voyons donc mon ptit pit, on est des
chums !
Oh, le trou d'cul, moi vulgaire ? N'importe quoi.
[transition]
- Non mais avoues J.C., t'es pas capable de dire une phrase sans dire une grossièreté ou une grosse
niaiserie.
- J'suis comment je parle. Je suis pas un
péteux de pro qui joue une game, j'suis pas une
guidoune à cinq cents.
- Écoutes toi parler J.C., c'est une horreur.
Écoutes moi bien là, si tu veux, en te pratiquant un peu, je suis sûr qu'on peut essayer d'arranger ça avec Normand.
- T'es bien
smatte mais à mon âge on change plus. Je parlerai jamais comme un philosophe. Je suis pas Denise Bombardier, je suis Jean-Claude Langevin.
- Ca c'est sûr.
- Je suis juste un petit vendeur sur la route. Un survenant des grands chemins, rien que bon à faire jouir les petites mères de campagne. Je m'en va.
- Où ?
- À "L'Entre-Cuisse", je retourne parmis les miens, là au moins le monde il trouve que j'ai de la classe.
[transition]
- Vous l'avez détruit Normand, vous n'aviez pas le droit de lui enlever cette vente là.
- Mais non, je suis déjà bien bon de garder à notre emploi cet alcoolique notoire. Incapable de dire deux mots sans glisser trois grossièretés. Et qui ne sait absolument pas se tenir devant les dames. Sais-tu combien de plaintes j'ai eu à son sujet ?
- Oui mais on s'en fout de ça Normand, tout le monde sait qu'il est cave, mais il est pas méchant.
- C'est le rendement de la compagnie qui est en jeu.
- Bah justement, c'est notre meilleur vendeur. Vous faites une immense erreur stratégique.
- Mais Bruno, le client qui va arriver d'une minute à l'autre représente 3 ans de commande, on peut pas laisser mettre ce grossier personnage.
Heu... Monsieur François Pinot, Normand Dugas, la route s'est bien passée ?
- Ouais ouais ouais, sauf que c'était
jam pack bien raide en rentrant à Montréal,
osti que le monde
chauffe mal icite.
- Oui, heu, nous notons quelques difficultés lors de l'itinéraire, je vous offre un café ?
Je serai votre interlocuteur pour élaguer la marge de question technique itinérante à la conclusion d'un accord.
- On va pas
bretter de même jusqu'à la saint Gliglin. Moi j'aime ça les affaires qui marchent droite, ok ?
Là, jva mettre mes couilles sur la table, je veux parler avec quelqu'un qui parle français, pas avec un dictionnaire. Capich ?
Y'aurait moyen de se parler mettant des mains dans la gueule hein. Y'a tu un vendeur icite ?
- Oui, il arrive d'une minute à l'autre.
- Good.
- Bruno, appelle Jean-Claude au plus vite.
[transition]
- Hey, un deal de même, ça se fête. Aimerais-tu aller aux
sauteuses ?
- Oh t'es bien
smatte mon
chum, mais j'ai rendez-vous au restaurant de Sainte Madeleine dans une heure.
- Bon, bin je pense qu'on a fait le tour mon petit Francky. Il reste peut-être une coupe de poils qui dépassent, mais je fais une coupe bikini à la version du contrat qu'on va t'envoyer.
- Moi je dis qu'un contrat, c'est comme une jeune mariée la nuit de noce. Elle est mieux d'être propre sinon ça laisse des regrets.
- Des regrets de chauve !
- Hey hey, à la prochaine.
- Ouais, c'est ça ouais.
[transition]
- Heu, Jean-Claude, je te dois des excuses.
- Un minimum mon homme.
- Ce que je prennais, à tort, pour de la grossièreté, en fait c'est un espèce de langage technique entre vendeur, que tu maitrises parfaitement d'ailleurs.
- Face de rat, petite
bisoune, prépuce rétracté.
- Pardon ?
- Bin non, je pratique comme un pianiste qui fait ses "grammes".
- Ah ? Sodomite ?
- Bin non non, ça ça fait "fifront". Face de pet, miette de crotte, raclure de bidet.
- Pardon, pardon, j'ai pas ton expertise...